Le dernier des métiers ?

Récupérateurs et recycleurs informels de déchets en Egypte, Turquie, Maroc, Inde et France

Cette exposition sera présentée pour la première fois à la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord du 6 février au 18 mars 2019.

Depuis plusieurs années, je mène avec la géographe Bénédicte Florin un travail de recherche, d’observations, d’entretiens et de portraits photographiques sur les récupérateurs et recycleurs informels de déchets.

Que ce soit à Casablanca, à Istanbul, au Caire et, plus récemment, à Mumbai, nous avons rencontré des hommes et des femmes considérés comme des parias du fait du travail qu’ils exercent et de leur proximité avec l’ordure : c’est le “dernier des métiers” comme le dit l’un d’eux. Pourtant, depuis la collecte jusqu’à la commercialisation, ces “travailleurs des déchets” délestent les villes d’une grande partie de leurs rebuts qui échappent ainsi à la mise en décharge ou à l’incinération et qui seront réinjectés dans les circuits formels de l’industrie du recyclage.

On peut s’étonner du fait que la question du travail informel autour des déchets ne soit souvent abordée que du côté des “pays du Sud“, alors même que nous pouvons tous croiser en France des personnes fouillant dans les poubelles à la recherche d’objets et de matériaux qu’elles pourront revendre afin de gagner leur vie…

Avec Bénédicte, nous avons alors initié en 2017 une nouvelle recherche en France sur les personnes qui “font la ferraille“ dans les banlieues nord et est de Paris. Leurs premiers résultats témoignent de grandes convergences entre ces pratiques informelles de la récupération et du recyclage dans les pays du Nord et dans ceux du Sud.

Ainsi, cette exposition montre des exemples de récupérateurs et recycleurs au Maroc, en Égypte, en Turquie, en Inde et, bien évidemment, en France, mettant volontairement face à face des personnes qui pratiquent l’économie informelle et populaire de la récupération au nord et au sud.

Vies d’ordures. De l’économie des déchets en région Centre

Le collectif Sociétés Urbaines et Déchets (SUD) ayant obtenu du MUCEM l’autorisation de reprendre tout ou partie de “Vies d’ordures. De l’économie des déchets en Méditerranée”, ce projet consiste à ancrer localement cette exposition par des enquêtes-collectes documentées et de la transposer en “Vies d’ordures. De l’économie des déchets en Région Centre”.

Précisions à venir…

Métiers et savoir-faire romani en Europe et Méditerranée

Je participe avec Bénédicte Florin au conseil scientifique de ce nouveau projet d’exposition qui se tiendra au MUCEM en 2021, sous la direction de Julia Ferloni, Conservateur du patrimoine et Responsable du pôle “Commerce, industrie, artisanat” de ce musée.

Pour cette exposition, nous réalisons également des enquêtes-collectes en Turquie.

Une première mission a été effectué à Istanbul du 8 au 18 avril 2019.

Voyage au coeur de nos poubelles. Qui s’occupe de nos déchets ?

Une enquête-collecte socio-photographique

Ce projet est accueilli en résidence au POLAU-pôle art-urbanisme, en collaboration avec la Direction Déchets et Propreté de Tours Métropole Val-de-Loire.

  

Le principe de cette enquête est de partir de nos poubelles pour suivre le parcours des différents types de rebuts qui y sont déposés par les habitants, en passant par le travail de collecte, le tri, et en retraçant les trajectoires de chaque catégorie de matériaux, qu’il s’agisse des papiers et cartons, des plastiques, des métaux ou toute autre matières qui pourrait avoir une seconde vie mais aussi de celles que nous enfouissons ou incinérons faute de savoir quoi en faire.

Saint-Cyr-sur-Loire (© Pascal Garret - janvier 2019)

L’étude de ce processus de gestion de nos déchets permet, avant tout, de s’intéresser aux différents acteurs qui y interviennent : ripeurs et chauffeurs qui collectent les déchets, personnels en charge du tri, responsables des sites d’enfouissement, d’incinération mais aussi les responsables de la gestion de ces déchets.

Par cette enquête-collecte socio-photographique au long cours – plus de deux années de travail photographique en toutes saisons sont prévues – nous souhaitons donc mettre en lumière les personnes et les métiers qui prennent en charge nos déchets pour les faire découvrir au grand public, mais également pour mettre en lien les acteurs et leurs activités aux différentes étapes de ce processus.

En suivant le trajet de nos déchets, depuis le moment où nous les jetons dans la poubelle jusqu’à leurs ultimes étapes de traitement, celles de leur recyclage, de leur enfouissement ou de leur incinération, nous souhaitons aller à la rencontre de tous les acteurs de ce processus pour tenter de comprendre et montrer comment fonctionne cette filière qui concerne tout le monde mais qui reste pourtant quasi invisible de tous.

L’objectif est donc de documenter par la photo et l’entretien qualitatif tous ces métiers et, surtout, les personnes qui les exercent, en s’inspirant notamment des travaux de photographie sociale de Jacob A. Riis (How the Other Half Lives), de Lewis Hine (Men at Work), de Jack London (The People of the Abyss) mais aussi de W. Eugene Smith (son travail réalisé dans les années 50 à Pittsburgh) ou, plus récemment, de Robert McLiam Wilson (Les dépossédés).

Muni d’un appareil photo et d’un enregistreur audio, le socio-photographe va donc reconstituer des “histoires de travail“ et réaliser des portraits de ces “travailleurs des déchets“, soit pendant leur travail, soit “posé“, s’ils le souhaitent. Sans nécessairement “héroïser l’ouvrier“ à l’instar de Hine, il s’agit toutefois d’éviter tout misérabilisme, tout catastrophisme, ou, à l’inverse, tout “esthétisme du déchet“ comme certains photographes peuvent l’avoir fait. Bien au contraire, ce projet souhaite expliciter la filière du traitement des déchets telle qu’elle est, avec ses qualités et ses défauts, mais surtout par le biais de son humanité.

Ce travail sera progressivement complété par une carte interactive sur laquelle les photos de personnes, et donc des métiers, seront localisés. Cette cartographie permettra de suivre indirectement toute la filière du traitement des déchets dans l’agglomération tourangelle.

Calendrier :

– janvier 2019 à décembre 2020 : enquête-collecte

– 11 au 14 février 2019 : première résidence artistique de préparation du projet au POLAU-pôle art-urbanisme

– 14 mars 2019 : Lancement du programme GÉNIES-GÉNIES dans le cadre duquel ce projet est accueilli

– 11 octobre 2019 : Portes ouvertes GÉNIES-GÉNIES. Après plusieurs mois d’échanges, de résidences et d’ateliers, les trois chantiers thématiques dont celui de la valorisation des déchets auquel je participe seront présentés une première fois au public.

– janvier à avril 2021 : réalisation de la restitution finale

– mai à juillet 2021 : restitution finale dans le cadre de l’exposition Vies d’ordures. De la gestion des déchets en Région Centre qui sera présentée dans la serre et dans les espaces extérieurs du jardin botanique de Tours.

The City of Waste

Du 13 au 25 février à l’India Habitat Center, Delhi (Inde), puis du 26 février au 26 mai 2018 dans la station de métro Mandi House de cette même ville…

Une exposition collective organisée par le CNRS, le Centre de Sciences Humaines et l’Agence Française de Développement à l’occasion de la 3ème édition de Bonjour India. Une quinzaine de photos que j’ai faites en France, au Maroc et en Turquie sont présentées au sein de cette exposition.

The City of Waste invites you to discover the world of recyclers in a new light and aims at changing the way waste is treated in India and offers alternative methods of waste disposal. This project includes a competition in Kochi for the best innovation in the area of waste management. With the help of an incubator and technical experts, the selected candidates will work on improving their original project during a three-day Fab Lab. The winners will receive technical support from incubators to implement their project.

Cette exposition est aussi présentée du 5 au 30 septembre 2018 au Noam Chomsky Complex de Delhi sous le titre de “Lives in Re-cycle Bin”

Les petites mains du recyclage marocain

Cette nouvelle exposition, réalisée avec Bénédicte Florin et Mustapha Azaitraoui, a été présentée pour la première fois à Tours le 9 septembre 2017 lors de la Journée Aux couleurs du Maroc organisée par la Mairie de Tours dans le cadre de la coopération décentralisée avec le Maroc.

Elle a été ensuite exposée à la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme (MMSH, Aix-en-Provence), du 12 au 22 décembre 2017.

La Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord (Saint-Denis) a également accueilli cette exposition du 14 mai au 8 juin 2018.

Toutes les photos présentées dans cette exposition ont été prises par moi à Casablanca entre 2013 et 2017.

Télécharger les panneaux de cette exposition au format PDF…
Si vous êtes intéressé par cette exposition, merci de me contacter.

Vies d’ordures

Une exposition présentée à Marseille du 22 mars 2017 au 14 août 2017 au Musée des Cultures de l’Europe et de la Méditerranée.

Exposition organisée par le MuCEM. Les photos de récupérateurs que j’ai prises à Istanbul et Casablanca qui ont été acquises par le MuCEM sont présentées au sein de cette exposition. Une grande maquette de la décharge de Médiouna (Maroc) a été également réalisée pour cette exposition à partir des enquêtes de Bénédicte Florin et des relevés et photos que j’ai pu faire sur place.

Pour en savoir plus sur cette exposition…

Voir également deux articles intéressants sur cette expo publiés par le collectif Urbain trop urbain à lire et là…

Si l’exposition n’est plus présentée au MuCEM, son catalogue Vies d’ordures publié sous la direction de Denis Chevalier et Yann-Philippe Tastevin reste disponible aux éditions Artlys.

A lire entre autres dans cet ouvrage, trois articles où figurent plusieurs photos faites par moi pour l’exposition Vies d’ordures :
– Bénédicte Florin, Travailler avec les déchets au marges urbaines (Le Caire, Casablanca et Istanbul), pages 71 à 75 de cet ouvrage.
– Pascal Garret, Une tournée de récupération à Istanbul, pages 138 à 141 de cet ouvrage.
– Bénédicte Florin et Pascal Garret, La décharge de Médiouna : la quête du reste ultime (Casablanca), pages 202 à 204 de cet ouvrage.

La mise en image du rebut

Présentée initialement du 2 au 30 novembre 2016, à la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord, Saint-Denis (France), du 6 au 24 avril 2017, à l’Université François-Rabelais, Tours (France), du 7 au 9 juin 2017, à l’Agence Française de Développement, Paris (France), cette exposition continue de tourner dans différentes institutions scientifiques et culturelles en France (Université du Mans en septembre 2017, Festival International de St Dié des Vosges en septembre 2017, Bibliothèque Universitaire de Blois en octobre 2017, IUT de Tours en novembre 2017, colloque Sciences, savoirs et pratiques des déchets à Paris fin novembre 2017, Bibliothèque Universitaire de Tours en janvier 2018…)

Cette exposition a été réalisée par le réseau de recherche Sociétés Urbaines et Déchets dont je fais partie.

Une version franco-arabe de cette exposition sera présentée à Beyrouth à l’Institut français du Liban du 7 au 17 juin 2019, avec le soutien de l’Agence Française du Développement.

Cette exposition est aussi présentée du 17 au 28 mai 2019 à l’EHESS (Paris) lors de la manifestation “Des déchets et des hommes” présentée dans le cadre du “Tour du CNRS en 80 jours”, puis du 3 au 13 juin 2019 à l’AFD (Paris) et, enfin, du 15 au 23 juin 2019 au Villette Makerz (Folie L5, Parc de La Villette, Paris).

Une version élargie de cette exposition a été présentée aux Docks de Marseille du 3 au 17 juillet 2018 en association avec l’Agence Française de Développement.

Texte de présentation de cette exposition :

Les images des récupérateurs de déchets dans les rues ou dans les décharges mettent souvent en scène des personnes travaillant dans des conditions dégradantes, peuplant des paysages dantesques et évoquant une misère humaine.

Cette exposition de photographies – qui s’interroge sur les rapports qu’entretiennent les sociétés avec leurs déchets – a, au contraire, pour ambition d’attribuer une place prééminente aux portraits de femmes et d’hommes qui peuvent suggérer d’autres histoires à ceux qui les regardent.

Il s’agit ici de les mettre en lumière, débarrassés du stigmate de la misère et de la marginalité qui accompagnent habituellement le contact avec l’ordure : les nombreux entretiens menés avec eux, leurs poses face au chercheur-photographe mais surtout leur travail de métamorphose du rebut en matériaux valorisables en témoignent.

Par-delà le monde, ces “travailleurs des déchets” revendiquent de plus en plus des droits sociaux, mais aussi la légitimité de leur contribution au recyclage, à la gestion des déchets et, plus globalement, à l’environnement.

Ces portraits mettent en image des travailleurs ordinaires, occupés à réaliser leurs tâches : des travailleurs qui désirent être considérés comme égaux des autres, reconnus dans leur travail et par la société.

Télécharger cette exposition au format PDF…

  • Exposition "La mise en image du rebut" à Marseille