Retour au marché de Bab el-Louk en février 2017…

Après presque sept années d’absence, j’ai eu la chance de pouvoir revenir au marché de Bab el-Louk en février 2017. J’avoue que j’appréhendais beaucoup ce que j’allais y trouver, ou plutôt, ce que je n’allais plus y trouver…

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Finalement, peu de choses ont changé, même si le bâtiment continue doucement de se dégrader. Mon grand ami Youssef, l’accordeur de pianos, est toujours là et si, certains des commerçants et artisans que je connaissais sont aujourd’hui décédés, leurs enfants ont pour la plupart pris leur relève et l’émotion a été très forte lorsque je leur ai montré des photos qui datent déjà de plus de 25 ans pour certaines (voir quasiment la même photo de l’extérieur du marché prise en 1993…).

Voici donc une petite sélection de photos prises avec quelques serrements au coeur :

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Youssef, un peu plus âgé qu’en 2010 mais toujours fidèle au poste dans sa boutique du premier étage (voir Youssef en 1995 et en 2010…).

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Un fabriquant de chaussures à façon dont l’atelier est situé au second étage du marché.

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Nouveau venu, ce jeune homme dirige un atelier de sérigraphie sur tee shirt qui a remplacé une ancienne fabrique de chaussures du troisième étage qui était fermée en 2010.

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De plus en plus dégradée, la vue intérieure de la halle reste très belle avec les lumières qui jouent entre carreaux sales et carreaux cassées.

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Ce jeune boucher qui travaille au rez-de-chaussée de la halle nous dit qu’il vient justement prendre ses pauses au second étage pour profiter de cette vue qu’il apprécie.

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Ce fabriquant de sacs à main du premier étage nous reçoit avec émotion, se souvenant avec moi de notre ami commun Mustapha, ébéniste aujourd’hui décédé dont l’atelier jouxtait le sien.

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Un autre fabriquant de chaussures parmi les dernières ateliers encore ouverts dans les étages du marché. La concurrence chinoise est trop rude pour eux.

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La quincaillerie du rez-de-chaussée n’a pas changé, avec ses même bocaux de vis, écrous et boulons (voir cette quincaillerie en 1995…).

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Ces deux commerçants de fruits et légumes sont les enfants de celui que je photographiais en 1995 en train de se faire raser dans cette même boutique par le coiffeur du marché, tous les deux aujourd’hui décédés (voir cette photo de 1995…).

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Un boucher installé dans l’entrée principale du marché.

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Juste à côté, son ami marchand de légumes que j’avais déjà pris en photo en 1995, 2008 et 2010.

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Un autre boucher du rez-de-chaussée qui m’a aimablement aidé à retrouver tous les « anciens » et fait découvrir les « nouveaux » du marché.

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Ce boucher copte est spécialisé dans la viande de porc que peuvent consommer les non-musulmans (il y a environ 10% de chrétiens coptes en Egypte). Sa boucherie a été fermée durant quelques années suite à une interdiction du gouvernement égyptien prise pendant l’épidémie de grippe porcine de 2009 et durant laquelle tous les porcs d’Egypte furent abattus. L’élevage des porcs ayant été ré-autorisé depuis 2014, ce boucher a pu ré-ouvrir sa boutique et reprendre son commerce (voir la photo de cette boucherie fermée en 2010…).

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Enfin, pour terminer cette petite revue, ce boucher est le petit frère de celui que j’avais vu au même endroit en 2010 avec son fils (voir cette photo…), rencontré lui même jeune adolescent en 1995 avec leur père (voir cette photo…), sans parler du grand-père, également boucher, pris en photo en 1993 avec son petit-fils, celui qui pose ci-dessus (voir cette photo…). Quatre générations de bouchers fidèles à Bab el-Louk…